Hier c'était mon jour, le jour où je me réveille en pensant "tu as pris un an de plus ma vieille"... Ce jour particulier, je n'ai pu en profiter le coeur léger. Les coups de fil, les bises, les mails n'ont pu me faire oublier ce qui occupe mon coeur, ma tête et ma vie en ce moment.

Toute femme (et mère, oui je cumule, j'ai le mari et le fils) de motard s'attend un jour à recevoir une mauvaise nouvelle, tout en espérant et priant que cela n'arrive jamais. Nous vivons avec cette angoisse tapie au fond de nous comme une bête féroce. Elle est souvent endormie mais jamais elle ne nous quitte et il suffit que l'on entende la sirène des pompiers pour que la bête se réveille et que l'on soit dévorée par l'angoisse. Un coup de fil sur les portables nous rassure et la bête s'apaise.

Il y a quelques jours ce n'est pas une sirène qui a réveillé la bête, mais ce  traître de portable, celui qui est sensé me donner les bonnes nouvelles, me dire que tout va bien.

Il a eu beaucoup de chance. Il souffre (beaucoup), il est cassé (beaucoup), mais les plaies vont se refermer, les os se ressouder et il pourra retourner travailler dans quelques semaines. En attendant, avec les enfants, nous le soutenons physiquement et moralement.

Si seulement l'automobiliste avait jeté un coup d'oeil à son rétro avant de changer de voie et de l'envoyer dans le décor...

J'ai eu peur, très peur. J'ai réalisé que j'aurais pu le perdre, lui qui partage ma vie depuis 23 ans (nous étions encore des enfants...),  lui avec qui j'ai grandi, lui le père de mes 3 enfants. Je n'imagine pas ma vie sans lui, on a encore plein de choses à faire, plein de projets ensemble.

2008 je ne t'aime pas !

Promis, les prochains posts seront plus gais